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  • La SAS (Société par Actions Simplifiée) est une forme juridique souple, sans capital minimum imposé, qui convient aussi bien aux projets à 2 associés ou plus qu’aux entrepreneurs souhaitant s’associer à terme.
  • Un entrepreneur qui souhaite créer seul optera pour la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), variante unipersonnelle de la SAS.
  • Le président de SAS rémunéré bénéficie du statut d’assimilé salarié, ce qui lui ouvre droit à une protection sociale proche de celle des salariés, hors assurance chômage.
  • La SAS est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS), avec une option temporaire pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant 5 ans maximum.
  • Créer une SAS implique de rédiger des statuts, de déposer le capital social, de publier une annonce légale et de déposer le dossier d’immatriculation en ligne su rle Guichet Unique de l’INPI.

La SAS est aujourd’hui l’une des formes juridiques les plus choisies par les entrepreneurs en France. Sa flexibilité, sa protection sociale pour le dirigeant et sa capacité à accueillir des investisseurs en font un statut particulièrement adapté aux projets ambitieux. CTA

Qu’est-ce qu’une société par actions simplifiée ?

La SAS se distingue des autres formes sociales par la grande liberté qu’elle laisse à ses fondateurs pour organiser la gouvernance et les relations entre associés. C’est l’une des raisons pour lesquelles elle s’est imposée comme le statut juridique préféré des créateurs d’entreprise en France.

Définition de la SAS

La Société par Actions Simplifiée, connue sous le sigle SAS, est une société commerciale dotée de la personnalité morale. La définition de la SAS ainsi que les règles applicables sont régies par les articles L. 227-1 et suivants du Code de commerce.
La SAS est une entité juridique indépendante de ses associés, elle peut signer des contrats, détenir des biens, employer des salariés et agir en justice en son propre nom.

La SAS est une entité juridique indépendante de ses associés, elle peut signer des contrats, détenir des biens, employer des salariés et agir en justice en son propre nom.

Quelles sont les caractéristiques de la SAS ?

La SAS présente plusieurs caractéristiques fondamentales qui la distinguent des autres formes sociales.

Le nombre d’associés de la SAS

La SAS peut être créée par 2 actionnaires minimum et n’a pas de plafond légal d’associés, contrairement à la SARL qui est limitée à 100 associés maximum. Lorsqu’un seul actionnaire est à l’origine de la société, on parle alors de SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle).
Les actionnaires de la SAS peuvent être des personnes physiques (des particuliers) ou des personnes morales (d’autres sociétés, des fonds d’investissement, des associations).

Les termes “associé” et “actionnaire” désignent la même réalité dans une SAS, une personne qui détient une fraction du capital social de la société. On parle d’associé dans les sociétés de personnes comme la SARL, et d’actionnaire dans les sociétés par actions comme la SAS ou la SA. Dans le cadre d’une SAS, le terme actionnaire est juridiquement plus précis et doit donc être privilégié, même si le terme “associé” reste couramment utilisé

Le capital social de la SAS

Il n’existe aucun capital minimum légal pour créer une SAS. Vous pouvez donc constituer votre société avec 1 € symbolique.

Le capital peut être constitué d’apports en numéraire (de l’argent) ou en nature (du matériel, un fonds de commerce, un brevet). En 2026, seul 50 % du capital en numéraire doit être libéré à la création, le solde devant l’être dans les 5 ans suivants. Les apports en nature doivent être libérés en totalité dès la création de la SAS.

Un capital social trop faible peut nuire à la crédibilité de la SAS auprès des banques et des partenaires commerciaux, et fragiliser la société en cas de difficultés de trésorerie. Il peut donc être utile d’adapter le montant du capital aux besoins réels de démarrage de votre activité.

La responsabilité des actionnaires de la SAS

Chaque associé de SAS n’est responsable des dettes sociales qu’à hauteur de ses apports. Concrètement, si la société accumule des dettes qu’elle ne peut pas rembourser, les créanciers ne peuvent pas se retourner contre le patrimoine personnel des actionnaires, leur maison, leur épargne ou leurs biens personnels restent protégés.

Cette protection accordée par la SAS connaît toutefois deux exceptions importantes, en cas de faute de gestion avérée du dirigeant, ou lorsqu’un associé a accordé une caution personnelle à un créancier (une banque, par exemple). Dans ces situations, la responsabilité personnelle de l’associé  de la SAS peut être engagée.

La gouvernance de la SAS

Les statuts de la SAS déterminent librement les règles de fonctionnement de la société. Les actionnaires peuvent organiser les modalités de prise de décision, les droits de vote, les conditions d’entrée et de sortie au capital, ou encore la création de comités de direction. Une seule obligation légale s’impose : nommer un président, personne physique ou morale, chargé de représenter la société à l’égard des tiers.

Les statuts de la SAS peuvent également prévoir la nomination d’autres organes de direction, comme un directeur général ou un conseil d’administration, sans que cela soit obligatoire.

Pourquoi choisir la SAS ?

La SAS a plusieurs avantages ( liberté statutaire, protection sociale du dirigeant, crédibilité) mais aussi des inconvénients (cotisations sociales élevées, comptabilité obligatoire etc).

La liberté statutaire est un atout important de la SAS. Les actionnaires rédigent librement les statuts, ce qui leur permet d’organiser la gouvernance, les droits de vote et les conditions d’entrée ou de sortie des actionnaires selon leurs besoins spécifiques.

Le président de SAS bénéficie, lorsqu’il est rémunéré, d’une protection sociale solide. Son affiliation au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié lui ouvre droit à une couverture santé, une retraite de base et complémentaire, ainsi qu’une prévoyance proches de celles d’un salarié classique.

La SAS bénéficie également d’une image professionnelle crédible auprès des banques, des investisseurs et des grands donneurs d’ordre. Sa structure facilite naturellement l’accueil de nouveaux actionnaires au capital, ce qui en fait la forme juridique de référence pour les projets à fort potentiel de croissance.

Sur le plan fiscal, la SAS offre une fiscalité des dividendes avantageuse. Les dividendes versés aux actionnaires ne sont pas soumis aux cotisations sociales, contrairement à ceux versés au gérant majoritaire de SARL. Ils sont soumis au PFU de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif de l’IR.

Enfin, l’absence de capital minimum légal rend la SAS accessible à tous les budgets. La société peut être constituée avec 1 € de capital social, même si un capital adapté aux besoins réels de l’activité reste conseillé en pratique.

Les inconvénients de la SAS

Le principal frein à la SAS reste le niveau élevé des cotisations sociales du président. Le statut d’assimilé salarié implique des charges sociales d’environ 80 % du salaire net, nettement supérieures à celles d’un gérant majoritaire de SARL affilié à la Sécurité sociale des indépendants. La qualité de la protection sociale a donc un coût qu’il convient d’anticiper.

L’absence d’accès à l’assurance chômage constitue un autre point de vigilance. Le président de SAS ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat social et ne peut pas prétendre aux allocations chômage en cas de cessation de ses fonctions, sauf s’il bénéficie par ailleurs d’un contrat de travail distinct portant sur des fonctions réelles et distinctes de celles de dirigeant.

La SAS impose également des obligations comptables strictes et contraignantes. Tenue d’une comptabilité commerciale complète, dépôt des comptes annuels au greffe, nomination d’un commissaire aux comptes au-delà de certains seuils : ces obligations représentent un coût annuel récurrent qu’il est important d’intégrer dans le budget de la société.

Enfin, la complexité de la rédaction des statuts peut constituer un obstacle. La liberté statutaire est un avantage, mais elle suppose une rédaction rigoureuse et adaptée au projet. Des statuts mal rédigés peuvent générer des conflits entre actionnaires ou bloquer le fonctionnement de la société.

Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients de la SAS

Critères Avantages de la SAS  Inconvénients de la SAS
Capital social Aucun minimum légal
Gouvernance Totalement libre via les statuts Statuts complexes à rédiger
Protection sociale Régime général (assimilé salarié) Cotisations sociales élevées
Chômage Pas d’accès à l’assurance chômage
Dividendes Non soumis aux cotisations sociales Soumis au PFU de 30 %
Image Crédible auprès des investisseurs
Comptabilité Obligations strictes et coûteuses
Investisseurs Accueil facilité au capital

Qui peut créer une SAS ?

La SAS est accessible à un large public. En 2026, toute personne physique majeure (ou mineure émancipée) peut créer une SAS, à condition de ne pas être frappée d’une interdiction de gérer ou d’exercer une activité commerciale. Les personnes morales (d’autres sociétés, par exemple) peuvent également être associées d’une SAS.

Il n’existe pas de condition de nationalité pour créer une SAS, un ressortissant étranger peut créer une SAS en France, sous réserve de disposer d’un titre de séjour l’autorisant à exercer une activité professionnelle indépendante.

Certaines activités restent néanmoins exclues de la forme SAS et notamment les activités d’assurance, de capitalisation et d’épargne notamment ne peuvent pas être exercées sous cette forme juridique.

Un mineur non émancipé peut être associé d’une SAS (via son représentant légal), mais ne peut pas en être le président.
Thomas, 19 ans, et sa mère Isabelle souhaitent lancer ensemble une plateforme de services en ligne. Thomas peut être président de la SAS, sa mère Isabelle étant associée au capital. Aucune condition de diplôme ou d’expérience professionnelle n’est requise pour créer une SAS.

Quel est le régime fiscal de la SAS ?

La fiscalité de la SAS est un élément décisif dans le choix de cette forme juridique. Elle repose sur trois axes principaux : l’imposition des bénéfices, celle des dividendes et le traitement de la TVA.

L’imposition des bénéfices en SAS

Par défaut, la SAS est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). En 2026, le taux normal de l’IS est de 25 %. Les PME qui remplissent certaines conditions bénéficient d’un taux réduit de 15 % sur la fraction des bénéfices inférieure à 42 500 € (article 219 I b du Code général des impôts).

Les conditions pour bénéficier du taux réduit d’IS à 15 % sont les suivantes :

  • Le chiffre d’affaires de la SAS hors taxes doit être inférieur à 10 000 000 € ;
  • Le capital social de la SAS doit être entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.

Au moment de la création, une SAS peut opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant une durée maximale de 5 exercices. Cette option est soumise à des conditions :

  • La SAS doit avoir moins de 5 ans ;
  • La SAS doit employer moins de 50 salariés ;
  • La SAS doit réaliser un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros.
Mehdi crée une SAS de développement logiciel en janvier 2026. La première année, il anticipe un déficit de 20 000 €. En optant pour l’IR, il impute ce déficit sur ses autres revenus, ce qui réduit son imposition personnelle pour l’année en cours.

L’imposition des dividendes en SAS

Les dividendes versés par une SAS à ses actionnaires sont soumis, par défaut, au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (article 200 A du Code général des impôts).

Les actionnaires de la SAS peuvent opter, s’ils y ont intérêt, pour l’imposition au barème progressif de l’IR. Cette option est globale, elle s’applique à l’ensemble des revenus du capital de l’associé pour l’année concernée. Elle peut être avantageuse pour les actionnaires faiblement imposés, dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %.

Contrairement aux dividendes versés au gérant majoritaire de SARL, les dividendes versés aux actionnaires de SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Cela constitue un avantage significatif, mais ne doit pas inciter à se rémunérer uniquement en dividendes, au risque d’une requalification par l’URSSAF et d’une absence totale de droits sociaux.

SAS et TVA

La SAS est soumise au régime de TVA de droit commun, comme toute société commerciale. En 2026, trois régimes coexistent selon le niveau de chiffre d’affaires :

  • La franchise en base de TVA qui correspond à une exonération de TVA si le CA est inférieur à 37 500 (services) ou 85 000 (ventes de marchandises). La SAS ne facture pas de TVA et ne la récupère pas ;
  • Le régime réel simplifié pour les CA compris entre compris entre 37 500 € et 254 000 € (services) ou compris entre compris entre 85 000 € et 840 000 € (marchandises). Déclaration annuelle avec deux acomptes semestriels ;
  • Le régime réel normal au-delà de ces seuils. Déclarations mensuelles ou trimestrielles.

Quelles sont les obligations comptables en SAS ?

La SAS est soumise à des obligations comptables complètes et rigoureuses, quel que soit son chiffre d’affaires. Ces obligations découlent des articles L. 123-12 et suivants du Code de commerce.

Pour sa comptabilité la SAS doit obligatoirement :

  • Tenir une comptabilité commerciale complète (journal, grand livre, balance) ;
  • Établir des comptes annuels à la clôture de chaque exercice, comprenant un bilan, un compte de résultat et des annexes ;
  • Déposer ces comptes annuels au greffe du tribunal de commerce dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice ;
  • Conserver l’ensemble des pièces comptables pendant 10 ans.

Par ailleurs, la SAS n’est tenue de nommer un commissaire aux comptes (CAC) que si elle dépasse deux des trois seuils suivants, maintenus en 2026(article L. 227-9-1 du Code de commerce) :

  • Un total de bilan supérieur à 5 000 000 €;
  • Un chiffre d’affaires hors taxes supérieur à 10 000 000 € ;
  • Un effectif supérieur à 50 salariés.

Le commissaire aux comptes est un professionnel indépendant chargé de certifier la sincérité et la régularité des comptes annuels de la société. Son rôle est de garantir aux actionnaires, aux créanciers et aux partenaires commerciaux que les comptes présentés reflètent fidèlement la situation financière réelle de la SAS.

Laura dirige une SAS de conseil en marketing qui réalise 500 000 € de chiffre d’affaires annuel. Elle n’est pas tenue de nommer un CAC, mais fait appel à un expert-comptable pour établir ses comptes annuels et les déposer au greffe dans les délais.

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Quel est le régime social du président de SAS ?

Concernant le régime social du président en SAS , lorsque le président de SAS est rémunéré, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie ainsi d’une couverture maladie, d’une retraite de base et complémentaire, ainsi que d’une prévoyance, dans des conditions proches de celles d’un salarié classique. Ces droits sont ouverts dès le premier euro de rémunération versé. Ce statut engendre en contrepartie des cotisations sociales élevées, environ 80 % du salaire net versé au président.

<div class=”boxattention2″> Le président de SAS qui ne se verse aucune rémunération ne paie aucune cotisation sociale, mais n’acquiert également aucun droit à la retraite, à la maladie ni à la prévoyance. Le président de SAS non rémunéré se retrouve donc sans couverture sociale au titre de son mandat.</div>

Dans tous les cas, qu’il soit rémunéré ou non, le président de SAS ne cotise pas à l’assurance chômage et ne peut donc pas prétendre aux allocations chômage en cas de révocation ou de démission. Une exception existe toutefois : si le président dispose par ailleurs d’un contrat de travail distinct de son mandat social, portant sur des fonctions techniques réelles et distinctes de celles de dirigeant, il peut percevoir des allocations chômage au titre de ce contrat de travail en cas de rupture.

Pierre est président de sa SAS de conseil informatique. Il se verse 3 000 € nets par mois et perçoit 20 000 € de dividendes en fin d’année. Ses dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales et sont imposés au PFU de 31,4 %, ce qui lui permet d’optimiser sa rémunération globale tout en maintenant une protection sociale complète.

Comment créer une SAS ?

Créer une SAS suit un parcours précis, encadré par le Code de commerce. Les démarches peuvent aujourd’hui être réalisées entièrement en ligne, ce qui simplifie et accélère le processus.

Les étapes pour créer une SAS

La création d’une SAS se déroule en plusieurs étapes obligatoires, à réaliser dans un ordre précis.

  • Rédiger les statuts de la SAS ;
  • Désigner le président de la SAS ;
  • Constituer et déposer le capital social de la SAS ;
  • Publier une annonce légale de création de la SAS ;
  • Déposer le dossier d’immatriculation de la SAS.

Rédiger les statuts de la SAS

Les statuts sont l’acte fondateur de la SAS. Ils définissent l’objet social, le capital, les règles de gouvernance, les droits des actionnaires et les conditions de cession des actions. Leur rédaction est libre, mais doit respecter les dispositions impératives du Code de commerce.

Désigner le président de la SAS

Les statuts ou un acte séparé désignent le premier président de la SAS. Le président peut être l’un des actionnaires ou un tiers extérieur à la société. Il peut s’agir d’une personne physique ou d’une personne morale. La désignation du président doit figurer dans le dossier d’immatriculation transmis au greffe.

Constituer et déposer le capital social de la SAS

Concernant la constitution du capital social de la SAS les apports en numéraire doivent être déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la SAS en formation, auprès d’une banque, d’un notaire ou de la Caisse des dépôts. Un certificat de dépôt des fonds est remis en échange et devra être joint au dossier d’immatriculation. En 2026, au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés à la création, le solde devant l’être dans les 5 ans suivants. Les apports en nature doivent quant à eux être intégralement libérés dès la constitution.

Publier une annonce légale de création de la SAS

La création de la SAS doit faire l’objet d’une publication dans un Support Habilité à recevoir des Annonces Légales (SHAL) dans le département du siège social. Les SHAL regroupent aussi bien les journaux d’annonces légales traditionnels que les services de presse en ligne habilités par la préfecture. Cette publication informe les tiers de la création de la société et mentionne ses principales caractéristiques. Elle donne lieu à la délivrance d’une attestation de parution, à joindre au dossier d’immatriculation.

Déposer le dossier d’immatriculation de la SAS

Le dossier complet est déposé en ligne sur le Guichet unique des formalités d’entreprises de l’INPI. Ce guichet centralise l’ensemble des formalités et les transmet aux organismes compétents (greffe, URSSAF, impôts). Une fois le dossier validé, le greffe du tribunal de commerce délivre l’extrait Kbis de la société, qui atteste de son existence légale et lui permet d’exercer son activité.

Le saviez-vous ? LegalPlace vous accompagne de A à Z dans la création de votre entreprise : génération des statuts, publication de l'annonce légale, dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Vous répondez à quelques questions, LegalPlace gère toutes les formalités.

Les documents pour créer une SAS

Pour immatriculer votre SAS, vous devez rassembler les pièces justificatives suivantes :

  • Les statuts signés par tous les actionnaires de la SAS ;
  • L’attestation de dépôt des fonds remise par l’établissement financier ;
  • L’attestation de parution de l’annonce légale ;
  • Un justificatif d’identité du président de la SAS (carte nationale d’identité ou passeport) ;
  • Un justificatif de domicile du président de la SAS (de moins de 3 mois) ;
  • Une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et de filiation du président de la SAS ;
  • Un justificatif du siège social de la SAS (bail commercial, domiciliation, ou attestation d’hébergement) ;
  • La liste des bénéficiaires effectifs de la SAS.

Combien coûte la création d’une SAS ?

Le coût minimum incompressible pour créer une SAS en 2026 est d’environ 250 € à 290 €(annonce légale, frais de greffe), indépendants de la plateforme ou du professionnel que vous choisissez.

La publication de l’annonce légale dans un SHAL représente le premier poste de dépense obligatoire. Son coût varie selon le département du siège social et se situe en 2026 entre 199 € et 233 €.

Les frais de greffe, correspondant à l’immatriculation de la société au Registre du Commerce et des Sociétés, s’élèvent quant à eux à environ 33,83 €. Le dépôt de la liste des bénéficiaires effectifs, également obligatoire, représente un coût supplémentaire d’environ 19,33 €.

La rédaction des statuts constitue le poste de dépense le plus variable. Elle peut être réalisée gratuitement en ligne, ou confiée à un notaire ou un avocat, auquel cas les honoraires peuvent atteindre 1 500 €. De la même façon, les honoraires d’accompagnement varient selon le prestataire choisi de 0 € avec LegalPlace ( hors frais administratifs obligatoires) jusqu’à 2 000 € avec un expert-comptable.

Comment transmettre une SAS ?

La transmission d’une SAS peut prendre plusieurs formes, cession d’actions à un tiers, donation des titres, apport à une holding ou transmission dans le cadre d’une succession.

La cession d’actions de la SAS est la voie la plus courante pour transmettre une SAS. Contrairement aux parts sociales de SARL, les actions de SAS sont librement cessibles entre actionnaires ou vers des tiers, sauf si les statuts prévoient des clauses contraires (clause d’agrément, clause de préemption, clause d’inaliénabilité). Ces clauses permettent aux actionnaires de contrôler les entrées au capital et de protéger la cohésion de l’actionnariat.

Sur le plan fiscal, la cession d’actions de SAS est soumise à un droit d’enregistrement de 0,1 % du prix de cession (article 726 du Code général des impôts). La plus-value réalisée par le cédant est imposée au PFU de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif de l’IR.

Des dispositifs d’exonération de plus-value peuvent s’appliquer dans certains cas, départ à la retraite du dirigeant, détention longue durée avec abattements, ou cession au sein du groupe familial. Ces dispositifs méritent d’être étudiés avec un professionnel avant toute opération.

Comment fermer une SAS ?

La fermeture d’une SAS est une procédure encadrée, qui se déroule en deux grandes phases : la dissolution de la SAS puis la liquidation.

La dissolution met fin à l’activité de la SAS. Elle peut être décidée à l’amiable par les actionnaires (dissolution volontaire), ou être prononcée par le tribunal (dissolution judiciaire). La décision de dissolution doit faire l’objet d’une publication dans un JAL et d’une déclaration au greffe.

La liquidation de la SAS consiste à réaliser l’actif de la société (vendre les biens), apurer le passif (rembourser les dettes) et répartir le boni de liquidation (le solde restant) entre les actionnaires, proportionnellement à leurs droits. Un liquidateur est nommé pour conduire ces opérations.

Une fois les opérations de liquidation terminées, la radiation de la SAS est demandée au greffe. La SAS cesse alors d’exister juridiquement.

La dissolution et la liquidation d’une SAS engendrent des frais, nouvelle annonce légale, frais de greffe pour la clôture de liquidation, et honoraires du liquidateur le cas échéant.

SAS vs SARL : quel statut choisir ?

Le choix entre la SAS et la SARL (société à responsabilité limitée) est l’une des questions les plus fréquentes des créateurs d’entreprise. Ces deux formes ont des points communs (personnalité morale, responsabilité limitée aux apports), mais se distinguent sur des critères essentiels.

Critère SAS SARL
Nombre d’actionnaires 1 minimum, sans plafond 2 à 100 actionnaires
Capital social minimum 1 € 1 €
Dirigeant Président Gérant
Régime social du dirigeant Assimilé salarié si rémunéré (régime général) Gérant majoritaire : TNS / Gérant minoritaire ou égalitaire : assimilé salarié
Cotisations sociales Élevées (~80 % du net) Réduites pour le gérant majoritaire (~45 % du net)
Dividendes Non soumis aux cotisations sociales Soumis aux cotisations sociales au-delà de 10 % du capital (gérant majoritaire)
Liberté statutaire Très grande Encadrée par la loi
Accueil d’investisseurs Facile Plus contraignant
Cession de titres Droit d’enregistrement de 0,1 % Droit d’enregistrement de 3 % (avec abattement)
Commissaire aux comptes Sous conditions de seuils Sous conditions de seuils

La SAS est généralement plus adaptée aux projets à fort potentiel de croissance, aux startups, aux activités nécessitant l’entrée d’investisseurs, et aux dirigeants qui souhaitent bénéficier d’une protection sociale proche de celle d’un salarié. La SARL reste pertinente pour les activités artisanales, familiales ou commerciales où le gérant majoritaire souhaite limiter ses cotisations sociales et conserver une structure plus encadrée.

    La SAS est une forme juridique souple, crédible et protectrice pour son dirigeant, qui s’impose comme le choix de référence pour de nombreux créateurs d’entreprise en France. Sa flexibilité statutaire, son régime social avantageux et sa capacité à accueillir des investisseurs en font un statut particulièrement adapté aux projets ambitieux. Son principal inconvénient reste le niveau élevé des cotisations sociales du président, à mettre en balance avec la qualité de la protection sociale qu’elles financent. Bien préparée, la création d’une SAS est aujourd’hui accessible à tous, en ligne et en quelques jours.

FAQ

Quelle est la différence entre une SAS et une SASU ?

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une SAS à associé unique. Il n'existe pas de différence juridique fondamentale entre les deux, la SASU est simplement la forme unipersonnelle de la SAS. Les règles de fonctionnement, de fiscalité et de régime social du président sont identiques.

Peut-on transformer une SAS en SARL ?

Oui, il est tout à fait possible de transformer une SAS en SARL, et inversement. Cette transformation s'appelle une transformation de forme juridique. Elle ne crée pas de personne morale nouvelle et n'entraîne donc pas de dissolution ni de création d'une nouvelle société. La transformation doit être décidée selon les conditions fixées par les statuts de la SAS, faire l'objet d'un rapport d'un commissaire à la transformation dans certains cas, et être publiée au Journal des Annonces Légales.

Le président de SAS a-t-il droit au chômage ?

Non le président de SAS n'a pas droit aux allocations chômage versées par France Travail (ex-Pôle Emploi), car il ne cotise pas à l'assurance chômage dans le cadre de son mandat social. En cas de perte involontaire de son mandat, il ne peut pas prétendre aux indemnités chômage classiques. Il existe une exception notable si le président dispose par ailleurs d'un contrat de travail distinct de son mandat (pour des fonctions techniques réelles et distinctes), il peut percevoir des allocations chômage au titre de ce contrat de travail en cas de rupture.

Quel est le montant minimum du capital social d'une SAS ?

Il n'existe aucun capital minimum légal pour créer une SAS en France. Vous pouvez théoriquement constituer votre société avec 1 € de capital social.

Combien faut-il d'actionnaires pour créer une SAS ?

Une SAS peut être créée avec un seul associé on parle alors de SASU et ne comporte aucun plafond légal quant au nombre maximum d'actionnaires. Les actionnaires peuvent être des personnes physiques (des individus) ou des personnes morales (d'autres sociétés).

La SAS est-elle adaptée aux startups et à la levée de fonds ?

La SAS est la forme juridique la plus adaptée aux startups et aux projets qui envisagent une levée de fonds. Plusieurs raisons expliquent cette prédominance. D'abord, les statuts peuvent prévoir des catégories d'actions à droits de vote différenciés (actions de préférence), ce qui permet de structurer des tours de table complexes et d'attirer des investisseurs institutionnels. Ensuite, la grande liberté statutaire facilite la mise en place de mécanismes classiques du capital-risque (clauses de liquidation préférentielle, droits de veto, bons de souscription d'actions (BSA)).
Créer ma SAS

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 23/04/2026

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Bonjour, je suis en plein montage de projet pour créer ma petite entreprise dans le domaine du bien-être animal, mais je ne sais pas trop quel statut me correspondrais pour cette activité d’halothérapie équine qui se fera itinérante dans un petit camion.

Bonjour,
Le choix du statut juridique relève des règles applicables aux différentes formes d’entreprise. L’entreprise individuelle est régie par les articles L526-22 et suivants du Code de commerce, tandis que les sociétés unipersonnelles (EURL, SASU) relèvent respectivement des articles L223-1 et L227-1 du Code de commerce. L’activité exercée doit être déclarée via le guichet unique (art. L123-33 C. com.).
Nous vous invitons à prendre contact avec un expert-comptable afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonsoir
je souhaite ouvrir une entreprise avec une amie de prestations de services ( conciergerie)
noos sommes tout 2 novices dans le domaine
nous souhaitons continuer notre job actuellement et parallèlement ouvrir une conciergerie sans se verser de salaire .
on nous propose SAS
je suis un perdu avec tous ces termes
impôts de la société / sur le revenu / flat tax
pouvez vous m’éclairer
merci

Bonjour,je suis “assimilée salariée” d’une SAS que je souhaite dissoudre à l’amiable, puis-je bénéficier d’indemnités pour rupture conventionnelle? Merci beaucoup

Bonjour,

En principe, la rupture conventionnelle est prévue pour les salariés en CDI. Dans votre cas, vous ne pouvez pas bénéficier des indemnités de rupture conventionnelle.

En vous souhaitant une agréable journée.

L’équipe LegalPlace

Bonjour je suis pour prendre ma retraite travailleur indépendant est ce que je peu créer une SAS ou SASU
sans que cela me pénalise pour ma retraite
cordialement
Pascal

Bonjour,

Il est possible de cumuler sa retraite et la création d’une SASU à certaines conditions, à savoir :
– Avoir au moins 65 ans ou 60 ans et bénéficier d’une durée d’assurance permettant d’avoir une retraite à taux plein ;
– Avoir liquidé toutes les pensions retraite, de base et complémentaire en France et à l’étranger ;
De plus, vous devez avertir la caisse de retraite et si besoin solliciter un rendez vous avec un professionnel afin d’avoir des conseils personnalisés.
En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace

Bonjour,
Je suis président d’une SASU et je me verse un salaire. Je n’ai pas de salarié.
Mon code NAF est 7112B et je dépends de la convention SYNTEC.
Est-il obligatoire de souscrire à une prévoyance ?
Merci pour votre retour.

Bonjour,
Dans la mesure où vous versez un salaire, il est obligatoire de contracter une prévoyance. Le statut du président de SASU est assimilé à celui du salarié cadre. Par conséquent, il doit bénéficier de la même protection social. En tant que salarié cadre, vous devrez au minimum au disposer d’une garantie décès cadre.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace

Bonjour,
comment récuperer la TVA d’une SAS ?

Bonjour, Pour récupérer la TVA d’une SAS, il faut procéder de la manière suivante : après avoir collecter la TVA auprès des clients, la SAS doit déduire la TVA sur les biens et services qu’elle achète pour son activité. Il faudra ensuite déclarer la TVA collectée et la TVA déduite auprès des services fiscaux, généralement chaque trimestre. Pour récupérer la TVA, la SAS doit remplir une demande de remboursement de TVA auprès de l’administration fiscale. Cette demande doit être effectuée chaque année, avant le 30 juin de l’année suivante. Sachant que, si le montant de la TVA à récupérer est… Lire la suite »

Bonjour ! Merci pour ce guide ! Peut on augmenter le capital d’une SAS à capital variable (en restant dans la fourchette prévu) et tout de même modifier ses statuts pour le notifier ? Peut on le faire soi-même ou doit on faire intervenir le tribunal de commerce obligatoirement ?

Bonjour,
Oui cela est tout à fait possible. Dans tout les cas, cette modification de kbis devra être contrôlée et homologuée par le tribunal de commerce.
En vous souhaitant une agréable journée,
L’équipe LegalPlace

Bonjour, j’aimerais modifier les statuts de ma SAS. Quelles sont les conditions ?

Cordialement,
Marina Lechat

Bonjour,

Je vous invite à lire l’article suivant : https://www.legalplace.fr/guides/modification-statuts-sas/

En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace

Oui merci beaucoup !!

Rédigé par

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.